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Zone d'études et milieux concernés

La zone d'étude : autour du bassin rhénan

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Illustration © ONF

Le projet "optimisation du rôle de la forêt dans la protection des cours d'eau et des zones humides" est centré sur les forêts de moyenne montagne et du piémont du bassin rhénan moyen. Cette zone recouvre le versant oriental du massif vosgien, la forêt noire, et les forêts du Jura alsacien et Suisse (centré sur le bassin versant de la rivière Lucelle).

Ces massifs forestiers (Vosges, Forêt noire et Jura) servent de château d'eau et à ce titre sont un lieu privilégié pour la mise en œuvre d'actions spécifiques de protection de la ressource en eau.

En Alsace et dans le canton du Jura Suisse, seules les forêts publiques (communales et domaniales) sont concernées par l'étude.

Dans le cadre du projet un dispositif particulier a été établi pour la définition d'un état de référence en matière de ruisseaux forestiers.

Ainsi 14 cours d'eau font l'objet d'un suivi spécifique : description du milieu physique (méthode ESTRUKA - FVA), étude hydrobiologique (analyse des peuplements de macro-invertébrés et mesures physico-chimique), et une étude phytoécologique sur les formations de végétation alluviale associées au cours d'eau.

Que dit la réglementation ?

Les cours d'eau sont définis par 2 critères principaux (définition jurisprudentielle de la circulaire DE/SDAFE/BDE n°3 du 02/03/2005) :

  • un lit marqué naturel à l'origine
  • la présence d'un débit suffisant une majeure partie de l'année.

Les zones humides sont définies par le décret n°2007-135 du 30 janvier 2007.

« Les critères à retenir (...) sont relatifs à la morphologie des sols liée à la présence prolongée d'eau d'origine naturelle et à la présence éventuelle de plantes hygrophiles. Celles-ci sont définies à partir de listes établies par région biogéographique. En l'absence de végétation hygrophile, la morphologie des sols suffit à définir une zone humide ».

Les cours d'eau étudiés

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Illustration © Julien Prinet / ONF

Sur la zone d'étude, la typologie de l'Agence de l'Eau Rhin - Meuse distingue en fonction de paramètres comme la géomorphologie plusieurs types de cours d'eau. Ils sont tous situés dans des bassins versants forestiers, avec des contextes variés depuis la hêtraie-chênaie de l'étage collinéen (500 m d'alt) jusqu'aux hêtraies d'altitude (1000 - 1200 m d'alt).

  • zones sources : petits ruisseaux et filets d'eau à écoulement intermittent. Le lit majeur est quasi  absent. Le lit mineur n'est pas toujours clairement identifiable, et son tracé peut être modifié entre deux épisodes pluvieux
  • cours d'eau et torrents de montagne : petits cours d'eau sur forte pente, dans des vallées en « V » sur substrat granitique. Leur lit majeur est inexistant. Le lit mineur est d'une faible largeur avec une alternance la présence de fosses et de cascades. Leur débit est variable. Le substrat est constitué de blocs et de cailloux
  • moyennes vallées des Vosges cristallines : ils circulent dans des vallées en « U » des hautes vallées des Vosges cristallines. Le lit majeur est modeste. Le tracé légèrement sinueux offre des alternances de plats courants. Le substrat est constitué de galets et graviers avec la présence de quelques blocs
  • hautes et moyennes vallées des Vosges gréseuses : ces cours d'eau s'observent sur la partie gréseuse des Vosges. Le lit majeur reste étroit et le tracé du chenal montre une alternance de plats et de courants avec des méandres confinés. Le débit est régulier. Le substrat est constitué de sables et de graviers
  • cours d'eau sur piémont : ces cours d'eau se situent en général sur des secteurs aux pentes faibles. Les vallées s'ouvrent vers la plaine, et se caractérisent par la formation d'un cône alluvial. On observe l'apparition des prairies des cultures. Le tracé plus sinueux traduit un débit variable avec une alternance de radiers, de mouilles et de plats courants. Le substrat est varié, dominé par la présence d'éléments grossiers (galets)
  • cours d'eau sur calcaire : ils se situent principalement sur le massif du Jura (limite sud de la zone d'étude). Ils s'écoulent dans des vallées étroites et bien marquées  avec des fortes variations du faciès (alternance de chutes et de plats courants). Sur roche calcaire, le réseau hydrographique est constitué de pertes et de résurgences. Sur un même cours d'eau, l'écoulement peut se produire en souterrain sur des portions plus ou moins longues du linéaire.

Description des zones humides

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Ces formations sont assez hétérogènes, depuis les aulnaies de fond de vallon (surface de l'ordre d'1 ha) à des mares forestières (surface de l'ordre de 1 are).

On peut distinguer 5 grands types :

  • les mares, les zones d'eau stagnante et leur ceinture de végétation : pièces d'eau douce, naturelle ou artificielle, de dimension variable, dont la présence d'eau temporaire ou permanente s'accompagne de communautés végétales flottantes, enracinées ou de bordure (roselière...)
  • les formations boisées humides : toutes les aulnaies et aulnaies frênaies, les saulaies, le plus souvent situées en bordure de cours d'eau, mais également présentes dans les versants sur des zones de suintements. On peut y ajouter les tourbières boisées et les forêts marécageuses de bouleaux et de conifères
  • les tourbières et marais : formations complexes de végétation basse, sur sol tourbeux, constituées d'une mosaïque de micro-milieux. Elles sont souvent synonyme d'une grande richesse floristique et faunistique et à ce titre sont très sensibles aux perturbations de leur environnement. La caractéristique principale est la présence d'un tapis de sphaignes (mousses) formant une couche pouvant aller jusqu'à plusieurs mètres d'épaisseur
  • les prairies humides : formations basses dominées par des herbacées, plus ou moins riches en espèces. Leur morphologie varie en fonction de la densité du pâturage et des amendements agricoles
  • les mégaphorbiaies et lisières humides : formations de hautes herbes au feuillage dense, que l'on observe en bordure de cours d'eau, en sous-bois en association avec des boisements marécageux ou en contact avec des prairies humides dans les fonds de vallées. Ces formations dominées par la Reine des près colonisent les prairies humides et les pâturages après interruption du fauchage et du pâturage.

Les zones humides sont des milieux sensibles à forte valeur patrimoniale. Elles subsistent souvent sous la forme d'îlots isolés les unes des autres. Un des enjeux prioritaire pour les gestionnaires est de maintenir la fonctionnalité de ces écosystèmes notamment en tenant compte de leur fonctionnement en réseau.

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