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Cigognes noires : des menaces humaines pèsent sur l’espèce

La Cigogne noire, victime malencontreuse

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Illustration © ONF

Bien qu'espèce protégée, la Cigogne noire est encore menacée par les tirs au fusil.

En 1998, la campagne de suivi par balise Argos a démontré que le tir de cette espèce n'était pas rare.

Au moins 5 oiseaux ont été tués, dont 2 équipés de balise. Cela avait déjà été remarqué auparavant (Jean Seriot, LPO, 1991) puisque parmi 10 cigognes noires découvertes blessées ou mortes, 8 avaient été touchées par des tirs au fusil.

Poteaux électriques, danger !

On estime à 30% le taux de mortalité du à l'électrocution.

EDF connaît cette problématique.

Sur les sites où la Cigogne noire est très présente, l'entreprise pose des isolateurs adaptables aux poteaux moyenne tension sur lesquels viennent se poser les oiseaux, leur évitant l'électrocution.

Une intimité non respectée

Dès l'installation des nicheurs, le dérangement dans les zones de nidification peut provoquer l'abandon du site de nidification choisi et des échecs de reproduction.

Si l'on peut mentionner les cas d'excès de fréquentation par des observateurs ou des photographes, il reste que le passage répété des promeneurs est également fort gênant. Les travaux forestiers en mauvaise période peuvent menacer le succès de la reproduction.

En revanche, le dérangement dans les zones de nourrissage dû à la pratique de la pêche ne pose pas de réel problème. Le mois de mars correspond à l'arrivée des premiers migrateurs et on observe une rapide diminution de la pression exercée par les pêcheurs dans les quelques semaines qui suivent l'ouverture de la saison.

En mai, les adultes vont sans crainte chercher l'alimentation de la nichée. A la fin du mois de juillet, les jeunes peuvent se nourrir dans les ruisseaux sans y être trop dérangés.

Les écosystèmes peu à peu modifiés

Les zones de gagnage sont également soumises à rude épreuve depuis quelques années. Les problèmes actuels de l'élevage bovin tendent à faire disparaître les prairies de vallées au profit de la culture céréalière (maïs) et de la populiculture (plantations de peupliers) modifiant tout un écosystème.

Cigognes noires et forestiers : une cohabitation délicate

En moyenne, un nid est occupé trois années de suite, et parfois il peut l'être pendant 15 ans !

Ce n'est donc pas parce que le forestier trouve un nid vide, qu'il peut récolter un arbre.

De même, l'exploitation d'arbres proches d'un nid peut modifier le paysage alentour et empêcher une éventuelle réinstallation du couple l'année suivante.

Enfin, les travaux forestiers (exploitation, débardage, dégagement des semis) à proximité d'un nid occupé doivent être évités en période d'occupation, soit d'avril à août.

Des menaces aussi d’origine naturelle

Les tempêtes comme celles de 1999 en France s'avèrent parfois catastrophiques pour les nids.

Le mauvais temps peut aussi entraver la migration, obligeant les oiseaux à des haltes sur des sites potentiellement dangereux.

De même, brouillard et lignes électriques, ne font pas bon ménage avec les cigognes.

Enfin la prédation au nid est inévitable... mais naturelle. Les naturalistes d'Europe de l'Est citent la Martre, les corvidés, le Lynx.

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