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L’azote

Sur des sols sensibles, l’azote sous forme de nitrates et d’ammoniac est l’un des composés acidifiants pour les sols. Cela peut entraîner des dysfonctionnements dans l’alimentation en éléments minéraux des végétaux, en raison du lessivage du calcium, du magnésium et d’autres éléments nécessaires à la vie des plantes.

Mais l'azote est aussi un des composés participants à l'enrichissement excessif des eaux en éléments nutritifs. Il en résulte la prolifération massive de la végétation aquatique qui entraîne une diminution de la teneur en oxygène dissous dans les eaux et abouti à la disparition de certains animaux.

L'azote est très mobile dans l'atmosphère, dans le sol et les plantes. Il est fortement absorbé par les arbres dont il stimule la croissance, mais les besoins en autres minéraux (phosphore, calcium, magnésium...) augmentent en proportion.

Si le sol ne contient pas suffisamment de ces minéraux ou si le recyclage de ces éléments est insuffisant, des déséquilibres nutritionnels sont possibles.

Les dépôts atmosphériques totaux hors forêt de nitrate de 1993 à 1998
Les dépôts atmosphériques totaux hors forêt de nitrate de 1993 à 1998 © Luc Croisé / ONF

Durant la période 1993 à 1998, il est tombé en moyenne en France 2,8 kg/ha/an d'azote sous forme de nitrate, ces retombées ont été comprises entre 1,3 kg/ha/an et 5,1 kg/ha/an.

Les valeurs les plus fortes sont situées, en plus des zones mentionnées pour le soufre (Cévennes, Pyrénées-Atlantiques), dans une bordure Nord-Est, dans le Jura, le Nord des Alpes et la bordure Ouest du Massif central.

L'évolution moyenne des dépôts annuels de nitrate entre les périodes 1993 à 1998 et 1999 à 2004
L'évolution moyenne des dépôts annuels de nitrate entre les périodes 1993 à 1998 et 1999 à 2004 © Olivier jaquet / ONF

Cette carte nous montre que les dépôts de nitrate présentent une faible diminution générale entre 1993-1998 et 1999-2004 (- 11%, - 0,3 kg/ha/an), avec des particularités locales parfois importantes. Une diminution marquée est observée dans le Sud-Est (- 50%, - 1,3 kg/ha/an), dans le Morvan et l'Alsace (- 40%, - 1,3 kg/ha/an).

Au contraire, une augmentation est observée en Bretagne (+ 30%, + 1,0 kg/ha/an) et dans le pays Basque (+ 10%, + 0,5 kg/ha/an).

Contrairement au soufre, la répartition géographique des écarts de précipitations annuelles moyennes entre les deux périodes (1993-1998 et 1999-2004) n'explique pas certaines évolutions (Alsace, le Sud-Est, le pays Basque).

Les dépôts atmosphériques totaux hors forêt d’ammonium de 1993 à 1998
Les dépôts atmosphériques totaux hors forêt d’ammonium de 1993 à 1998 © Luc Croisé / ONF

Durant la période 1993 à 1998, il est tombé en moyenne en France 4,2 kg/ha/an d'azote sous forme de nitrate, ces retombées ont été comprises entre 1,2 kg/ha/an et 9,6 kg/ha/an.

Les valeurs les plus fortes sont essentiellement situées le long de la frontière belge, puis dans une moindre mesure dans les Cévennes et le Massif central.

L'évolution moyenne des dépôts annuels d’ammonium entre les périodes 1993 à 1998 et 1999 à 2004
L'évolution moyenne des dépôts annuels d’ammonium entre les périodes 1993 à 1998 et 1999 à 2004 © Olivier Jaquet / COLENCO

L'azote sous forme d'ammonium présente un comportement différent de celui de l'azote sous forme de nitrate. Cette carte nous montre que les dépôts d'ammonium présentent une diminution générale entre 1993-1998 et 1999-2004 (- 21%, - 0,9 kg/ha/an) qui se traduit localement par des différences parfois importantes.

La diminution de dépôts est surtout sensible dans le Massif central et dans le Nord-Est (- 45%, - 3,0 kg/ha/an). Cette baisse ne peut s'expliquer par une réduction de précipitation pour ces régions.

Une augmentation modérée est observée dans les Vosges, le Jura et sur la façade aztlantique (+ 15%, + 1,0 kg/ha/an), en lien plus ou moins étroit avec une hausse des précipitations.

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