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En savoir plus Le Bois énergie, une tendance qui se confirme en Lorraine

L’utilisation du bois de chauffage est fort ancienne en Lorraine. On estime que près de 600.000 stères sont actuellement consommés par les particuliers. Avec la forte augmentation des prix des énergies fossiles et les engagements de la France en matière de développement des énergies renouvelables (protocole de Kyoto), le bois énergie connaît un important regain d’intérêt en Lorraine.

Une politique volontaire de la région

Soutenues par le Conseil régional de Lorraine, les collectivités locales ont lancé d'importants programmes de chaufferies collectives au bois.

La mise en service en mars 2008 d'une chaufferie au bois au plateau de la justice à Epinal (Vosges) va desservir plusieurs bâtiments publics. Le bois provient des forêts de l'agence ONF Vosges-Ouest, le broyage étant réalisé par la filiale ONF Energie.

En Lorraine, une stratégie progressive

Dans un contexte où la filière bois a un poids fort, l'ONF Lorraine a choisi dans un premier temps de bien cerner la ressource disponible en bois énergie, en intégrant en priorité les besoins des filières bois de chauffage et bois de trituration.

En 2005, l'ONF et la coopérative forestière Forêts et bois de l'Est ont mené une étude pour dimensionner le gisement bois énergie à l'échelle de la région. Cette étude a révélé qu'au moins 450.000 tonnes de bois issues des forêts lorraines pourraient être utilisées pour la production d'énergie dans le respect d'une gestion forestière durable et sans compromettre l'approvisionnement de la filière bois traditionnelle.

Certes, ce gisement ne permettra pas d'envisager l'installation de grandes centrales de cogénération, mais il assurera le développement d'un maillage de petites et moyennes chaufferies collectives.

L'ONF participe ainsi au développement de la filière bois énergie, par la réalisation d'études de faisabilité qui permettent de définir un programme d'actions pour la mise en place d'une filière, et l'approvisionnement des chaufferies en plaquettes forestières.

Un marché qui évolue en permanence

La situation de ce marché évolue en permanence en fonction de la demande et des structures d'exploitation et de distribution en bois énergie.

Mais compte tenu des très importantes surfaces en reconstitution après la tempête de 1999 et les éclaircies qui seront nécessaires, il peut s'agir d'un débouché essentiel dans les 15 ans à venir.

Les rémanents, à laisser ou à récupérer ?

De plus en plus de branchages ou morceaux d'écorce jonchent le sol des forêts. Négligence des forestiers, pensez-vous ? Pas du tout ! Ce sont les rémanents, sous-produits qui restent sur les coupes.

Les rémanents recèlent la richesse minérale de l'arbre. Branches et aiguilles représentent une faible biomasse mais contiennent une grande partie de nutriments azote et calcium. Conserver les rémanents et du bois mort au sol, c'est fournir aux arbres vivants des éléments minéraux issus de la décomposition du bois, des bourgeons et des écorces.
La demande en bois énergie s'amplifiant, nous constatons que des bois jusque-là négligés par les marchés traditionnels, deviennent très recherchés : petits bois, branches ou même écorces.

C'est pourquoi dans le respect strict de la gestion durable et multifonctionnelle des forêts publiques, et de ses engagements environnementaux, l'ONF Lorraine a pris certaines dispositions :

  • seuls des rémanents récents pourront être vendus pour la filière bois énergie
  • il est interdit de récupérer du vieux bois mort car il offre nourriture et abri à de nombreux insectes et champignons ; et le gîte pour les batraciens, petits rongeurs
  • mieux encore, au titre de la nouvelle politique de PEFC Lorraine, une cartographie par zone va être réalisée. Elle permettra de mieux identifier la possibilité ou non de récupérer les rémanents pour une utilisation énergétique en fonction des éléments environnementaux.