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Milieux naturels et peuplements forestiers

Tronçais doit sa renommée aux chênes mais elle est aussi célèbre dans les milieux naturalistes et scientifiques pour la richesse de sa biodiversité.

Les milieux naturels

La forêt domaniale de Tronçais compte 10.360 ha de surfaces boisées, 132 ha d'étangs et 33 ha de prairies et landes.

 

  • Dans les boisements, trois foyers de biodiversité remarquable sont identifiés :
  • les bordures d’étang : très diversifiées, elles abritent l’essentiel des espèces végétales protégées et contribuent très fortement à la biodiversité totale du massif. Les enjeux de conservation y sont importants, d’autant plus que ces milieux font l’objet d’une pression touristique forte
  • les vieilles futaies : les vieux arbres hébergent de nombreuses espèces d'insectes, rapaces, chauves-souris, champignons...
  • les aulnaies situées en bordure de ruisseau.

 

  • Les milieux ouverts non boisés (végétations aquatiques, landes et prairies, tourbières et marais) sont peu étendus mais contribuent aussi fortement à la diversité écologique globale du massif.

 

  • Environ 1.100 ha de la forêt domaniale sont classées dans le réseau européen d'espaces protégés Natura 2000. C'est le site "Forêt de Tronçais" FR8301021. Il comprend le secteur de la Bouteille, la Corne de Valigny, l'étang de Pirot, les étangs de Saint-Bonnet, Tronçais, Saloup, Morat, la futaie Colbert ainsi qu’une soixantaine d’îlots autour d’aqueducs abritant des chauves-souris. Les deux réserves biologiques (futaie Colbert et Nantigny) sont incluses dans le site Natura 2000.
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Les vieux arbres constituent l'habitat de nombreuses espèces © Nathalie Petrel /ONF

La flore

La forêt compte huit espèces végétales protégées (la plupart liées aux milieux humides de bordures d'étang) et une vingtaine considérées d'intérêt local, parmi lesquelles l'Osmonde royale et la Jacinthe des bois.

La faune

  • Du fait des traditions de chasse à Tronçais, la grande faune (cerfs, chevreuils, sangliers) constitue depuis longtemps un enjeu important à Tronçais.

Toutefois, les populations de cerfs et sangliers, très nombreuses, pose un réel problème pour la forêt : les jeunes pousses d'arbres et certaines plantes sont broutées ou détruites par les animaux, rendant parfois le renouvellement de la forêt et le maintien de certaines espèces végétales difficiles.

L'évolution des effectifs est suivie attentivement. La population de grands cervidés est suivie grâce à l’indice nocturne, qui consiste à compter les animaux vus le long de parcours répétés chaque année.

  • Les milieux aquatiques abritent de nombreuses espèces d'amphibiens (dont le Triton crêté) et d'oiseaux (Grèbe huppé sur l'étang de Pirot).

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Le Lucane cerf-volant est caractérisque des espèces qui se nourrissent du bois mort © Laurent Lathuillière / ONF
  • Mais la forêt de Tronçais est également connue pour ses chauves-souris. On compte plus de 20 espèces différentes. Les aqueducs en pierre constituent de parfaits gîtes d'hibernation en cas de grand froid. La plus grande colonie d’Europe de Grand Murin est installée en lisière de la forêt où elle apprécie particulièrement de chasser.
  • Les insectes s'épanouissent surtout dans les vieux arbres et le bois mort. La futaie Colbert, la RBI de Nantigny et les îlots de vieux bois progressivement mis en place au sein des parcelles de régénération, constituent des habitats importants pour les espèces dites saproxyliques (espèces vivant dans le bois en décomposition). Près de 600 espèces de coléoptères ont été recensées dont le Lucane cerf-volant, le Grand Capricorne et le Pique-prune... 

Insolite...

L'Ecrevisse à pieds blancs (étang de Pirot) et les moules d'eau douce (étangs de Saint-Bonnet et de Pirot) font aussi partie de l'inventaire faunistique de Tronçais.

Les peuplements forestiers

Essences présentes dans la forêt

 % de la surface boisée

Chênes

 81%

 Hêtres

 10%

 Autres feuillus

 1%

 Résineux

 8%

 

  • Le Chêne est répandu dans toute la forêt. Avec son tronc plutôt court et son houppier volumineux, il est caractéristique de la gestion ancienne de la forêt en taillis sous futaie. Sa prééminence à Tronçais doit beaucoup à l'action des forestiers, notamment depuis le XIXe siècle. Leur ténacité dans la gestion de la forêt a permis la constitution d'une chênaie de qualité sur un territoire qui était surexploité et largement réduit à l'état de landes à la fin du XVIIe siècle. La majorité des chênes sont aujourd'hui des chênes sessiles ; les autres sont des chênes pédonculés.

Le Pin permet de reconstituer un couvert forestier sur des stations ingrates. Il a été utilisé pour reboiser des landes au XIXe siècle. Après la sécheresse de 1976, il a également été planté sur 300 ha où le chêne s’était avéré mal adapté.

Ces peuplements sont complétés localement par des aulnaies ou peupleraies dans les bas fonds humides ; et quelques bouquets de pins sur les pentes.

Les espèces dominantes sont le plus souvent en mélange avec d'autres arbres comme le Hêtre et le Charme, ou le Tremble. L’Alisier et le Merisier se rencontrent de manière diffuse. Le Tilleul à petites feuilles, le Bouleau, l’Aulne glutineux et le Frêne se rencontrent ponctuellement. Le Houx est l’arbuste le plus fréquent, couvrant parfois le sol de parcelles entières.

 

  • Issus de la gestion pratiquée depuis le XIXe siècle, les peuplements de futaie régulière constituent la quasi totalité de la forêt : pour le chêne, tous les âges jusqu'à 220 ans sont représentés par grandes unités homogènes de 10 à 25 ha donnant à Tronçais sa physionomie.  
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La carte des peuplements forestiers (à télécharger ci-dessous) © ONF