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Histoire et patrimoine

Les forêts françaises ont été façonnées au cours des siècles par l’homme et ses activités. Ce sont des milieux préservés qui conservent la mémoire de l’histoire sous forme de vestiges archéologiques, naturels et culturels.

Anciennement forêt des Carnutes, lieu de réunion légendaire des druides gaulois, la forêt de Rambouillet renferme encore aujourd’hui de nombreuses traces d’occupations préhistoriques et gallo-romaines.

La première mention écrite de la forêt date de 768 dans la charte de donation de la forêt d’Yveline (Silva Aequilina) par Pépin le Bref aux Abbayes de Saint-Denis et de Saint-Benoît-sur-Loire. Le massif de Rambouillet est le vestige le plus important de cette ancienne forêt, qui couvrait une large partie de la Beauce jusqu’à la forêt de Bière (actuelle forêt de Fontainebleau) et au Gâtinais. 

La domination des abbayes

Longtemps propriété des abbayes, la forêt fait l'objet de défrichements pour y installer des terres agricoles. De grandes clairières sont créées à Saint-Léger-en-Yvelines, Poigny-la-forêt, Les Bréviaires, et Clairefontaine.

De la forêt royale à la forêt domaniale

Propriété de la famille d'Angennes à la fin du XIVe siècle, la forêt fut modelée pour la pratique de la chasse royale, comme en témoigne le réseau de routes en étoiles créé aux XVIe et XVIIe siècles. En 1704, Louis XIV offre le domaine à son fils, le comte de Toulouse. Celui-ci ne cesse de l'agrandir, de l'aménager, de l'équiper. En 1711, le domaine s'étend sur 15.000 ha et correspond globalement au massif actuel.

A la Révolution, les bois royaux, comme les biens confisqués à l’abbaye de Clairefontaine, deviennent biens nationaux puis domaine impérial sous Napoléon 1er.

La forêt appartient à l'Etat et devient donc domaniale en 1872.

Un carrefour en étoile en forêt, issu de l'aménagement de la forêt pour les chasses royales aux XVIe et XVIIe siècles
Les carrefours en étoile sont issus de l'aménagement de la forêt pour les chasses royales aux XVIe et XVIIe siècles © Anne-Marie Granet / ONF

Les aménagements successifs

Les documents les plus anciens concernant le traitement appliqué à la forêt datent de 1524. A cette époque, la forêt est exploitée en taillis. Dédiée à la chasse et à la production de bois de chauffage, elle est, comme beaucoup d'autres forêts françaises, surexploitée.

En 1892, on la décrit comme « fortement dégradée ». Un premier plan d'aménagement visant à « reconstruire et améliorer les peuplements » est alors mis en place.

Progressivement, le taillis sous futaie est abandonné au profit de la futaie. A partir de 1986, le chêne est choisi comme essence objectif principale, et les résineux sont limités aux stations impropres au chêne. Des plantations de résineux permettent toutefois de combler les vides créés par la tempête de 1999. 

Des ressources variées en forêt

Au XIXe siècle, le charbon de bois obtenu à partir de la bourdaine, un arbuste présent en forêt, a servi à la fabrication de poudre à canon.

De 1879 à 1930, le grès des coteaux de l'Yvette a été exploité pour paver les rues de Paris. Près de 10.000 tonnes par an de pavés, de blocs de meulières et de sable étaient extraits puis acheminés jusqu'à la gare des Essarts-le-Roi. En 1885, une voie ferrée fut même construite pour faciliter le transport depuis les carrières jusqu'à cette gare. Les carrières des Maréchaux employaient alors plus de 200 ouvriers et étaient la première industrie de la région. L'exploitation cessa en 1930, avec la concurrence des pavés venus de Suède et du bitume.