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Faune, flore, biodiversité

Le réseau d'îlots de vieux bois

La désignation d’îlots de vieux bois doit permettre que tous les stades de la dynamique forestière soient représentés en forêt cultivée, de la régénération jusqu'à la maturité, la sénescence et la décomposition.

Les groupes d’espèces inféodées aux vieux gros arbres vivants ou morts, isolés ou en peuplements, risquent d’être absents des phases antérieures trop juvéniles. On pourra grâce aux îlots compléter l’écosystème forêt en récréant progressivement "les chaînons manquants". Il s’agit donc d’une mesure à but écologique qui a pour objectif de combler partiellement la différence entre les forêts cultivées et les forêts à dynamiques naturelles complètes.

Pratiquement, ces îlots peuvent aussi avoir d’autres objectifs, comme conserver ou favoriser l’apparition de micro-habitats, conserver un habitat particulier, offrir une protection aux richesses archéologiques, être un témoin de peuplements et de modes de gestion passés, offrir un intérêt paysager, permettre un suivi dendrométrique pour évaluer l’évolution de la production, être un refuge pour les prédateurs des ravageurs, avoir un rôle éducatif, ces objectifs pouvant se cumuler ou se confondre.

Le document à télécharger ci-dessous décline ces objectifs au cas précis de la forêt domaniale de Rambouillet.

Pour en savoir plus

Une synthèse ornithologique Massif de Rambouillet et Sud-Yvelines

Elle a été réalisée par le Centre ornithologique Ile-de-France (Corif) en collaboration avec le Centre d'études de Rambouillet et de sa forêt (Cerf) et d'autres associations naturalistes.

Pour en savoir plus

L'abandon du Chêne rouge

Introduit en forêt de Rambouillet dans un but ornemental, puis comme essence-relais sur les stations moins fertiles, le Chêne rouge est une espèce exogène dont la décomposition des feuilles modifie l'humus et dont la régénération naturelle peut se révéler envahissante.

Les plantations de Chêne rouge ont donc été abandonnées au profit d'une régénération naturelle de chêne sessile ou de pins, en fonction des peuplements en place.

Le changement climatique

La forêt de Rambouillet est confrontée au changement climatique qui induit une hausse moyenne des températures.

  • Deux conséquences :
  • un allongement de la saison de végétation (période de l'année durant laquelle les arbres sont en croissance). Depuis les années 1970, on a observé un allongement de cette période de 10 jours en moyenne
  • une modification des aires géographiques. Chaque espèce possède des exigences en termes de sol, mais aussi de climat (température et précipitation). Cela détermine leur "aire de répartition géographique". Avec la modification du climat, les espèces les plus exigeantes en eau et intolérantes aux sécheresses estivales vont reculer progressivement vers le Nord et en altitude. Le Hêtre en particulier devrait voir son aire de répartition se réduire de façon importante.

Certaines espèces, en limite de leur aire de répartition naturelle (Chêne pédonculé sur station à faible réserve en eau et Chêne sessile sur station acidiphile sèche ou hydromorphe) pourraient dépérir en cas de diminution, même faible, de la pluviométrie estivale. Chaque renouvellement de peuplement nécessite donc une réflexion approfondie.

  • Face à des mécanismes aussi complexes, plusieurs mesures pourraient être envisagées à Rambouillet, comme dans d'autres forêts :
  • réduire la densité des peuplements afin de limiter la concurrence vis-à-vis de l'eau
  • raccourcir les âges d'exploitabilité, ce qui entraînerait moins d'exposition aux risques, plus de résistance des peuplements jeunes et vigoureux mais aussi une diminution probable de la biodiversité liée à la pénurie des stades matures...
  • diversifier et mélanger les espèces pour diluer les risques et augmenter la biodiversité
  • substituer les essences, c'est-à-dire remplacer les espèces sensibles par d'autres espèces plus robustes et a priori plus adaptées.

Beaucoup de questions sont encore en suspens et toutes ces hypothèses nécessitent encore un long et rigoureux processus d'expérimentation et d'étude.

Le rôle du forestier est d'appréhender ces questions sur le long terme pour assurer la pérennité des peuplements.