+ de critères

 

Histoire et patrimoine

La forêt actuelle est issue d'une longue histoire, parfois chaotique : déboisements depuis l'époque préhistorique, retour de la forêt, surexploitations aux XVIIe et XVIIIe siècles...

Une tradition forestière ancrée dans l'histoire

En 1164, l'empereur Frédéric Barberousse accorde une charte de franchise aux habitants de Haguenau. Il leur reconnaît, entre autres, le droit de prendre en forêt du bois de construction et de chauffage. Le texte en limite toutefois l’exercice : « Personne n’abattra ni chêne, ni hêtre, si ce n’est pour construire ». Ces deux essences produisent en effet des glands ou des faînes dont on nourrit les porcs. La charte de l’empereur mentionne également les droits de pâture et de glandée (certaines années, jusqu'à 10.000 porcs pâturent en forêt !).

Quelques siècles plus tard, alors que Haguenau cherche, comme d’autres villes d’Alsace, à se détacher de l’Empire, l’empereur Sigismond décide qu'à l'avenir la ville de Haguenau possédera et protégera la forêt de concert avec le grand bailli : le principe de l’indivision est posé.

Mais le conflit entre la Ville et le pouvoir persiste ; lorsque l'Alsace est rattachée au royaume de France, les droits des habitants sont remis en question. Louis XIV tranche définitivement le litige et déclare, en 1696, la Ville propriétaire de la forêt par indivision. Il lui cède alors la moitié des revenus provenant des coupes.

De l'exploitation massive du chêne au premier aménagement forestier

Du XVIe au XVIIIe siècles, la forêt est réputée pour ses gros chênes. Nombre d'entre eux sont exportés par le Rhin pour répondre aux besoins de la flotte hollandaise : de 1650 à 1695, au moins 55.000 chênes descendent la Sauer et le Rhin jusqu'aux chantiers maritimes des Pays-Bas !

La Maîtrise des eaux et forêts met fin à cette surexploitation en 1695 et instaure un premier règlement d'exploitation. Mais le marché du bois prend le pas sur le pâturage et la forêt continue à être surexploitée... En 1843, l'âge moyen des peuplements en futaie n'atteint que 42 ans.

Les gardes généraux des forêts rédigent alors le premier aménagement de la forêt, un travail exemplaire qui repose sur un descriptif et un inventaire complet du massif.

Illustration
Réputée pour ses gros chênes, la forêt a été surexploitée jusqu'au XVIIIe siècle. Sa restauration a été engagée à partir de l'aménagement de 1843 © Nathalie Petrel / ONF

La sylviculture du Pin sylvestre

De 1871 à 1918, pendant l'annexion à l'empire allemand, la sylviculture du Pin sylvestre se rationalise et de nouveaux aménagements sont étudiés. Le traitement en futaie est étendu à l'ensemble de la forêt.

La forêt aujourd'hui

La protection de l'environnement a progressivement été introduite dans la gestion forestière : recours aux essences les plus adaptées au sol, mise en place de mesures particulières pour les milieux remarquables...

Une grande opération de reconstitution a été nécessaire après la tempête de 1999. Aux deux grandes essences que sont le Chêne et le Pin sylvestre est venu s'ajouter le Bouleau, qui constitue parfois des peuplements complets.

Illustration
Une nouvelle reconstitution a été nécessaire après les dégâts de la tempête de 1999 © Nathalie Petrel / ONF