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Faune, flore, biodiversité

Un inventaire des peuplements forestiers

Les forestiers effectuent un inventaire des peuplements forestiers à chaque révision d'aménagement. Cela permet d'effectuer des comparaisons dans le temps, d'évaluer l'accroissement de la forêt et les effets de la gestion sylvicole.

Pour le prochain aménagement de Fontainebleau (2016-2035), les modalités précises d'inventaire seront définies à l'issue d'une première étape de description des peuplements en cours en 2013

 

Zoom sur le Pin Laricio de Corse

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© Anne-Marie Granet / ONF

La grande majorité des pins présents à Fontainebleau sont des pins sylvestres, une essence plantée dès 1786.

On trouve cependant sur le massif une rareté végétale : des pins Laricio de Corse greffés au XIXe siècle sur de jeunes pins sylvestre dans le but de favoriser leur reprise et leur croissance, tout en fournissant des arbres au port superbe.

La greffe est souvent encore très visible malgré l'âge des arbres.

Des études sur la faune, la flore et les habitats

De très nombreuses observations naturalistes et études scientifiques ont été réalisées sur Fontainebleau. Il serait impossible de les énumérer dans ces pages. Elles témoignent de la grande richesse faunistique et floristique de la forêt.

186 espèces d'arbres, 100 espèces d'arbustes et 1.138 autres espèces de plantes ont été observées à Fontainebleau. Le contexte climatique et géologique est favorable à des milieux variés (futaies de hêtres, chênes et autres feuillus, futaies de résineux, platières, mares, landes, lisières...) et à une faune et une flore très riches et diversifiées.

Le réseau des réserves biologiques

Au sein du massif de Fontainebleau et des Trois Pignons, le réseau des réserves biologiques (une vingtaine de réserves et plus de 2.000 ha au total) est le lieu privilégié pour des études approfondies sur la faune, la flore et les habitats.

  • les réserves biologiques intégrales (RBI) sont laissées en évolution naturelle
  • les réserves biologiques dirigées (RBD) sont consacrées à la conservation de milieux et d'espèces remarquables nécessitant une gestion particulière.

En savoir plus sur le réseau des réserves biologiques à Fontainebleau

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Les réserves biologiques intégrales, laissées en libre évolution - ici Le gros fouteau - sont un laboratoire pour l'étude et le suivi de la biodiversité © Anne-Marie Granet / ONF

Avec plus de 2.300 ha au total (réserves existantes ou en cours de création), le réseau des réserves biologiques du massif de Fontainebleau est un lieu privilégié pour des études approfondies sur la faune, la flore et les habitats.

 

  • Les réserves biologiques dirigées (RBD)

Elles sont consacrées à la conservation de milieux et d'espèces à la fois remarquables et vulnérables, et faisant l'objet d'une gestion particulière. Il s'agit en effet, principalement, de milieux non forestiers (landes, milieux humides) qu'il faut généralement protéger de la dynamique de conquête et de "banalisation" par la forêt.

La faune et la flore y sont extrêmement riches du fait de la grande diversité des milieux présents. Les principaux groupes faunistiques étudiés (avifaune, entomofaune, herpétofaune et mammofaune) ont montré une grande richesse, variable selon les réserves mais souvent complémentaire.

Concernant l'avifaune, les RBD jouent un rôle particulier dans la conservation des espèces liées au milieux ouverts comme l'Alouette lulu ou l'Engoulevent d'Europe, tout en participant à celle des espèces forestières comme les Pics en complétant le rôle des RBI.

La conservation de la faune et la flore liées au milieux aquatiques est également un enjeu prioritaire dans les RBD, via les travaux d'entretien et de restauration de mares qui y sont menés. Ces actions permettent notamment le développement d'insectes aquatiques, de batraciens mais aussi des chiroptères (chauves-souris), qui trouvent grâce aux mares un lieu de reproduction et/ou de chasse favorable.

Enfin, les RBD ont un rôle particulier dans la conservation de la faune et de la flore thermophile, liée notamment aux milieux pelousaires secs sur calcaire. Parmi ces espèces, de nombreuses sont protégées au niveau régional ou national, et constituent même parfois des relictes thermophiles pré-glaciaires comme Arenaria grandiflora, dont les derniers pieds connus dans la région se trouvent dans les RBD bellifontaines.

Il y a 14 RBD sur les forêts de Fontainebleau et des Trois Pignons (certaines encore en cours de création mais déjà gérées comme des réserves) formant un réseau cohérent à l'échelle de l'ensemble du massif :

  • Fontainebleau : Belle Croix, la Boissière, Camp de Chailly - Cuvier Châtillon, Champ Minette, Gorge aux Merisiers, Haute Borne, Mare aux Fées, Mont Merle, Petit Mont Chauvet, Plaine de Macherin
  • Trois Pignons : Baudelut, Chanfroy, Coquibus, Mare aux Joncs.

 

  • Les réserves biologiques intégrales (RBI)

Les RBI ont pour objectif la libre expression des processus d'évolution naturelle des écosystèmes forestiers. Elles constituent des territoires où la forêt accomplit son cycle complet, favorisant, de par l'abondance d'arbres morts et d'arbres à cavité, une faune, une flore et une fonge spécifiques, beaucoup plus rares ailleurs. Les espaces classés en RBI sont également des lieux privilégiés pour l'étude de la dynamique naturelle par la communauté scientifique. Ainsi, depuis les années 1950, la RBI de la Tillaie a fait l'objet d'une vingtaine d'études particulières (sans compter les nombreuses études plus générales incluant les RBI dans leurs territoires d'études) portant sur les peuplements forestiers, leur dynamique, la faune et la flore.

Les vieilles réserves intégrales de la forêt de Fontainebleau sont de très loin les plus anciens espaces naturels protégés existant en France. Créées en tant que séries artistiques à la demande des peintres de l'Ecole de Barbizon, elles ont été classées en Réserves biologiques intégrales (RBI) en 1953 après un siècle d'existence, en même temps qu'étaient créées les premières RBD.

Ces prestigieuses RBI anciennes ne totalisaient cependant qu'environ 135 ha. En 2011, à l'issue d'un long processus d'instruction, la surface des RBI bellifontaines a été portée à 1.050 ha, en 7 sites visant à améliorer la représentativité de ce réseau par rapport aux habitats naturels et aux peuplements du massif , soit : 

  • Des réserves "historiques", héritage des anciennes réserves artistiques, qui ont atteint un fort degré de naturalité grâce à l'absence d'intervention depuis plus de deux siècles.
  • la réserve du Gros Fouteau - Hauteurs de la Solle : elle est formée des anciennes RBI des Hauteurs de la Solle et du Gros Fouteau, de l'ancienne RBD du Mont Ussy et de la Butte aux Aires et de parcelles exploitées jusqu'en 1996, enclavées ou contiguës aux anciennes réserves. Les vieilles hêtraies sont bien représentées sur les parties d'anciennes réserves (RBD comme RBI)
  • la réserve de la Tillaie : elle est formée de l'ancienne RBI de la Tillaie, sur laquelle on trouve une des hêtraies de plaine les plus "naturelles" d'Europe, et d'une parcelle mise en régénération dans les années 70, mais qui assure une continuité spatiale avec la RBI du Gros Fouteau - Hauteurs de la Solle. La réserve est donc composée de vieilles hêtraies et pour partie de jeunes peuplements de hêtre et chêne
  • la réserve du Chêne Brûlé : elle est formée d'une ancienne RBD, qui a en fait été laissée sans exploitations depuis plusieurs décennies, et d'une parcelle attenante. L'ancienne réserve dirigée comporte une vieille hêtraie, tandis que la nouvelle parcelle comporte une zone de futaie mixte (feuillus-résineux) et une poche de boisement de chêne pubescent
  • la réserve de la Gorge aux Loups : elle est formée d'une ancienne RBD et de deux parcelles attenantes. Comme pour la réserve de Chêne Brûlé, l'ancienne réserve dirigée est composée d'une vieille hêtraie. Les deux autres parcelles portent quant à elles des plantations résineuses âgées (Pin sylvestre et Pin laricio) en cours de renaturation par développement d'un sous-étage feuillu.

 

  •  Des réserves nouvelles qui représentent l'opportunité d'observer la dynamique naturelle de types de peuplements plus communs (éventuellement plus jeunes, et surtout issu d'un historique continu d'exploitations comme la plus grande partie de la forêt) et jusque là non représentés dans le réseau de RBI bellifontaines. Elles sont composées de peuplements diversifiés, plus riches en essences pionnières (bouleau, fruitiers...) mais aussi en résineux introduits mais souvent naturalisés de longue date dans le massif (surtout pin sylvestre)
  • la réserve de la Vallée Jauberton : la partie nord est déjà gérée comme une RBI depuis l'aménagement de 1996. La réserve présente une grande diversité de peuplements feuillus, mixtes et résineux. Elle a été fortement touchée par la tempête de 1999 et les chablis ont été laissés sur place, enrichissant d'emblée cette nouvelle RBI par une importante quantité de bois mort
  • la réserve des Béorlots : elle a d'abord fait partie du projet de Réserve biologique dirigée de la Haute-Borne, mais le statut de RBI est par la suite apparu plus pertinent. Dans ces milieux globalement plus pauvres, les peuplements sont majoritairement composés de résineux, mais l'on trouve également des boisements de chêne pubescent et des hêtraies calcicoles (qui manquaient notablement dans les vieilles RBI), mêlés à des landes et pelouses
  • la réserve du Rocher de la Combe : cette réserve est composée de peuplements variés de chêne, hêtre, bouleau et pin sylvestre.

L'eau à Fontainebleau : soures et mares

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La mare aux Evées, au nord du massif © Anne-Marie Granet / ONF
  • Les cours d'eau et sources

La Seine borde la forêt domaniale à l'est, mais n'arrive à son contact direct que sur une longueur de 3,5 km entre La Queue de Fontaine et Le Petit Barbeau et au Bois Gauthier. La vallée du Loing borde la forêt domaniale à son extrémité sud-est, sans contact direct entre rivière et forêt, séparées par des prairies, des peupleraies et des zones d'anciennes ballastières.

Caractéristique étonnante pour une si grande forêt, aucun cours d'eau ne traverse le massif. Seuls les aqueducs de la Vanne, du Loing et du Lunain, édifiés au XIXe siècle pour alimenter Paris, tracent en forêt une enclave d'une vingtaine de kilomètres de long, propriété de la Ville de Paris.

Plusieurs sources sont répertoriées, les principales se trouvant à l'est du massif, en bord de Seine, au niveau d'affleurement des marnes qui constituent le plancher de la nappe de Brie. Les autres sont des sources intermittentes, sans doute alimentées par la circulation des eaux dans les diaclases du grès.

  • Les mares

A signaler, la Mare aux Evées (2 ha), mare circulaire cernée d'un réseau de fossés créés de 1833 à 1835 pour "assainir" un vaste marécage. Cette mare est vraisemblablement en contact avec la nappe de Brie.

Hormis quelques autres mares eutrophes (mare à Bauge, mare aux Cerfs et mares de la Boissière), l'eau est essentiellement présente en forêt de Fontainebleau sous la forme des mares de platières.

Les mares de platières de Fontainebleau de dimensions réduites (les plus grandes occupent quelques ares en hautes eaux) sont des cuvettes de grès alimentées par les eaux pluviales et de ruissellement. Certaines ont été probablement aménagées pour abreuver les troupeaux ou encore pour l'usage des carriers.

Ces mares oligotrophes, dont le niveau est soumis à de fortes variations, allant souvent jusqu'à l'assèchement complet en période estivale, constituent des paysages et des biotopes originaux. 

Natura 2000

Le massif de Fontainebleau est intégralement en site Natura 2000, à la fois comme Zone de Protection Spéciale au titre de la Directive Oiseaux (ZPS FR1110795) et Zone Spéciale de Conservation au titre de la Directive Habitats (ZSC FR1100795).

Pour en savoir plus :

Réserve de biosphère

Le statut de réserve de biosphère a été accordé par l'Unesco au pays de Fontainebleau en 1998.

La réserve de biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais s'étend sur 70.000 hectares.